Le verlan et le lanvers, 1985 : Etude des régularités morpho-syntaxiques du verlan contemporain

ETUDE DES REGULARITES MORPHO-SYNTAXIQUES DU VERLAN CONTEMPORAIN
Elisabeth Paul-Takeuchi

Mémoire de maîtrise sous la direction de Marie-Annick Morel

*U.E.R de linguistique française, Paris 3, Sorbonne Nouvelle

Développement diachronique

Etude Synchronique Classification socio-linguistique

Problème de méthode et présentation du corpus

Remarque sur “l’accent”

Particularités phonétiques et phonologiques

La terminaison des mots

La transposition des catégories grammaticales

Principe d’homonymie

Analyse des verbes

Aspects syntaxiques

L’interjection

Effet d’insistance, emphase

Conclusion

CORPUS : Le vocabulaire attesté

Aujourd'hui, tout le monde, ou presque, se rappelle qu'il existe un jeu d'enfant qui consiste à inverser les syllabes. On en oublierait presque que le procédé appartenait à ses débuts, au langage des malfaiteurs. C'est à la mode, en 1985, de placer ça et là, au cours de la conversation, un petit mot qui résonne à l'oreille comme quelque chose de connu, pas trop déroutant, toutefois, facile à comprendre. C'est un "must" mais qu'on ne prend pas au sérieux. Les modes changent... certes ! Mais le snobisme qui pousse les gens à parler le verlan tend toujours à laisser croire qu'il en est l'inventeur. Les modes n'inventent rien, elle ne font que récupérer à l'infini ce qui existe depuis des temps reculés, et c'et pour tâcher de savoir s'il en va de même pour le verlan que nous avons effectué une recherche à travers le temps pour retracer son évolution diachronique. Pour tenter de cerner l'ampleur que ce phénomène pourrait prendre dans la vie quotidienne, il est important de mener également une étude synchronique. Afin de la rendre plus précise possible, après un rappel de la classification socio-linguistique, nous aborderons donc une analyse de l'origine sociale des locuteurs de verlan, leur niveau d'instruction, la relation qui s'établit ou qui existe entre eux, et avec le monde, les situations propices à ce langage, les endroits particuliers, l'origine géographique... Le verlan est en fait tellement présent, parfois même à notre insu, dans le langage de tous les jours, que l'on peut se demander quelle est la finalité de l'élaboration d'un corpus dont les éléments, s'ils peuvent nous sembler étrangers, n'en sont pas moins faciles à deviner, en rétablissant simplement l'ordre initial des syllabes. Nous aurons donc à expliquer la méthode choisie pour classer ces mots, qui au contraire de l'opinion généralement admise, ne sont pas toujours immédiatement repérables. A partir d'ouvrages cités dans la bibliographie, et d'enregistrement effectués au début de cette année, nous avons systématiquement relevé les mots inversés. Nous avons éprouvé des problèmes de méthode, après avoir éliminé l'ordre alphabétique ce qui a permis une augmentation constante des termes entendus dans la rue ou dans le métro. Ces problèmes de présentation ont été donnés afin de justifier le choix final d'un classement adapté à notre recherche sur la morphologie. La formation des mots en est la première approche. Elle est, on s'en doute déjà, tributaire de leur prononciation. Il est donc nécessaire, avant d'aborder les particularités phonétiques et phonologiques du verlan de faire une remarque sur "l'accent" populaire, qui modifie à lui seul la forme initiale des mots, par la troncation, l'intonation, etc. La terminaison des mots est donc appréhendée de part ce qu'elle produit au niveau de l'"accent", et plus largement, de son incidence psychologique et esthétique sur l'observateur de ce phénomène linguistique. Il est apparu, en outre, une constante du langage parlé, qui est celle des transpositions grammaticales, existant également en verlan. Mais ce qui fait l'originalité du procédé, c'est le principe d'homonymie qui semble tout entier le dominer. Ces deux chapitres terminés, nous devrons aborder enfin l'insertion syntaxique de ces termess dont nous aurons donné, je l'espère, une description suffisante, en ce qui concerne leur morphologie. La syntaxe, support de l'énoncé, n'est pas réellement touchée dans son emploi en verlan, il apparait seulement quelques tournures plus spécifiques, en particulier la phrase exclamative et la phrase nominale, qui seront traitées dans le chapitre consacré aux particularité syntaxiques. Nous terminerons enfin par noter quelques constructions productrices d'effet d'insistance ou d'emphase, dans la phrase dont une "partie" est inversée, seulement. Car bien évidemment, le verlan n'est pas une langue étrangère, et relève d'une compétence d'abord, et d'une performance ensuite...

About elisabethpaultakeuchi

J'aimais la littérature. Aujourd'hui je laisse sur la toile des petits bouts de ci, des petits bouts de ça. Je reste sur les traces des auteurs passés, et je trace mes propres méridiens. Pas sûre quand même qu'ils soient assez longs pour vous y perdre.
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