La catastrophe de Fukushima au jour le jour

See on Scoop.itComment aider le Japon

Vendredi 2 août : 
• Hokkaido Electric Power Co., Tohoku Electric Power Co. et Shikoku Electric Power Co. on demandé l’autorisation d’augmenter leurs tarifs de 10,2 pct%, 10,94% et 11,41% respectivement pour les particuliers. Hokkaïdô Electric a obtenu le droit d’augmenter ses tarifs de 7,73%, Tôhoku, de 8,94% et Shikoku de 7,80% en moyenne.

• Les deux étés précédents, il y avait tous les jours à la télévision les prévisions de consommation électrique du lendemain après la météo afin d’inciter à faire attention au moment des pics de demande au plus chaud de la journée. Cette année, c’est fini, au moins dans le Kansaï. Plus de problème d’approvisionnement ? Le CO2 ne pose plus de problème ? La balance commerciale aussi ? Plus localement, cela continue : c’est le cas en particulier à l’université d’Ôsaka où la consommation en pourcentage de l’objectif est affichée par campus.

Jeudi 1er août :
• Le cauchemar de l’eau contaminée continue : 
– TEPCo pensait pourvoir arrêter les fuites vers la mer en injectant dans le sol un produit chimique le long du littoral. Cette solution ne pouvait pas être efficace car l’eau allait contourner la barrière et rejaillir plus loin. Et c’est bien ce que TEPCo a observé. 
TEPCo a creusé des trous jusqu’à 16 m de profondeur et y a injecté un produit solidifiant. Mais elle s’est aperçue que le niveau d’eau dans un des puits a augmenté d’un mètre depuis début juillet. Et comme le sol ne peut pas être solidifié sur les deux premiers mètres, l’eau va passer par dessus. Elle pourrait aussi passer par en dessous…
La barrière fait 100 m de large, pour rien.
– après la fuite massive en mer d’avril 2011, TEPCo avait déclaré qu’elle allait sceller le passage entre le bâtiment turbine et des tunnels/tranchées qui ont fui en mer afin de prévenir toute nouvelle fuite. Mais, elle n’a rien fait, comme vient de le découvrir l’Asahi. TEPCo n’a commencé à étudier comment colmater les passages qu’à partir de cet été, quand les fuites conséquentes ont repris. C’est donc trop tard, alors que dans feuille de route datée du 17 avril 2011 cette mesure était explicitement indiquée. TEPCo met en avant des difficultés techniques comme excuse. 
Les derniers résultats de mesure de la contamination en césium de l’eau de ces tranchées font apparaître de concentrations en centaines de millions de becquerels par litre pour le réacteur n°2. Plus c’est profond, plus c’est contaminé : il y a jusqu’à 950 millions de bequerels par litre ! Environ 10 fois moins pour le réacteur n°3. Le communiqué en anglais est ici.

• TEPCo continue à s’enfoncer dans le rouge. Elle a encore perdu 29,4 milliards de yens (226 millons d’euros) au premier trimestre de cette année fiscale (avril – mai – juin). Les pertes diminuent par rapport à l’an dernier. 8 des 9 compagnies d’électricité sont dans le rouge pour cette même période. Comme d’habitude, ce serait dû au prix des combustibles fossile… 
TEPCo estime aussi le montant total des compensations à 4 000 milliards de yens (31 milliards d’euros).
Pour rétablir un peu ses finances, elle veut redémarrer les réacteurs 6 et 7 de sa centrale de Kashiwazaki-Kariwa (Niigata). Mais comme elle fait preuve de négligences graves dans sa gestion de l’eau contaminée de sa centrale de Fukushima daï-ichi, elle a du mal à convaincre qu’elle saura exploiter du nucléaire en toute sûreté. Et comme chaque yen compte, elle continue à ne faire les travaux qu’au dernier moment avec les solutions les moins chères. Qui, bien-sûr ne tiennent pas et TEPCo perd encore en crédibilité… Pour sortir de ce cercle vicieux, certains envisagent de séparer TEPCo en deux entitées séparées : une aurait la charge de la centrale accidentée et l’autre de la production d’énergie. Les réacteurs 5 et 6 de Fukushima daï-ichi, qui ne sont pas officiellement arrêtés définitivement, et ceux de Fukushima daï-ni iront dans quelle branche ? Qui paiera pour le démantèlement ?

• Le quotidien Maïnichi révèle que les agences gouvernementales en charge du soutien aux victimes de la catastrophe nucléaire ont décidé secrètement de reporter à après les élections l’établissement de critères à partir desquels les Japonais ont doit à un soutien financier, médical etc. Il s’agit pourtant du point crucial pour l’avenir des réfugiés, mais le gouvernement craignait que l’annonce des doses limites retenues ne soient vivement critiquées et influencent le résultat des élections. 
Les Agences concernées ne veulent par prendre la responsabilité de cette décision difficile et se renvoient la balle. Pour la NRA, ce n’est pas une décision scientifique et ce n’est donc pas à elle de décider. 
La limite de dose fixée pour déterminer les évacuations est de 20 mSv/an, ce qui est 20 fois plus que la limite à ne pas dépasser en temps normal. C’est trop élevé. La loi passée le 21 juin 2012 prévoit que les évacués volontaires qui vivent dans une zone où l’exposition externe est supérieure à une limite à déterminer ont droit à un soutien financier. De nombreuses associations militent pour que cette limite soit fixée à 1 mSv/an, mais le gouvernement n’est pas prêt à en assumer les conséquences financières. Et donc le dossier n’avance pas.

• Les appareils d’anthropogammamétrie pour mesurer la contamination interne ont été conçus pour les adultes et ne permettaient pas de contrôler les petits enfants. Les autorités de Fukushima ont adapté l’appareil et ont commencé à contrôler les enfants de moins de 4 ans. Plus de 2 ans 4 mois après le déclenchement de la catastrophe, il était temps ! Les autorités régionales vont commencer par les enfants des zones évacuées, puis étendre le dépistage aux autres. 

• Comme déjà annoncé, les habitants du district de Miyakoji dans la commune de Tamura peuvent maintenant rentrer et dormir chez eux pendant 3 mois. Il ne s’agit pas d’une levée complète de l’ordre d’évacuer pour qu’ils puissent continuer à toucher les indemnités. Le débit de dose y est inférieur à 20 mSv/an, mais la zone est à moins de 20 km de la centrale.
Mais sur 119 foyers concernés, seulement 28 en ont fait la demande. Cela représente 112 personnes. Et seulement la moitié devraient y rester les 3 mois.
Très peu pourraient rentrer définitivement.

• Kansaï Electric (KEPCo) qui exploite les deux seuls réacteurs en fonctionnement a donné son calendrier à la NRA pour l’arrêt programmé au bout de 13 mois de production. Ce sera le 
– 2 septembre pour le réacteur n°3
– le 15 septembre pour le réacteur n°4.
Après, le Japon se retrouvera à nouveau sans réacteur nucléaire en fonctionnement.

• L’exploitant de la centrale de Tsuruga (Fukui), dont le réacteur n°2 est situé sur une faille que la NRA considère comme active, prétend que les combustibles usés de sa piscine ne peuvent pas fondre si le refroidissement est arrêté par un séisme ou un autre accident. C’est la NRA qui lui avait demandé d’étudier cette hypothèse.
Actuellement, le réacteur n°2 est vide et le combustible est dans la piscine qui contient en tout 1 700 assemblages. Japan Atomic Power Co. prétend que l’air fera office de refroidissement et que les barres pourront atteindre la température de 420°C, mais ne fondront pas. Cependant, la compagnie n’a pas pris en compte une secousse éventuelle qui pourrait déplacer ou endommager les barres. 
La compagnie considère que la faille n’est pas active et que la demande de la NRA est infondée. Elle avait même fait appel de cette requette, en vain. Elle a donc rendu une étude incomplète le jour de la date limite pour ne pas être punie. Difficile de se débarrasser des anciennes habitudes…

• Le Japon vient de mettre en place un institut de recherche international consacré au démantèlement. Des organismes publics et l’industrie nucléaire en sont membres. Une des priorités sera le démantèlement des réacteurs accidentés.

Mercredi 31 juillet :
• Une étude économique a montré que la catastrophe de Fukushima a entraîné une baisse du prix des maisons à proximité des centales nucléaires allemandes. Les propriétaires vont-ils demander à TEPCo une indemnité comme victimes de “rumeurs néfastes” ?

See on www.acro.eu.org

About elisabethpaultakeuchi

J'aimais la littérature. Aujourd'hui je laisse sur la toile des petits bouts de ci, des petits bouts de ça. Je reste sur les traces des auteurs passés, et je trace mes propres méridiens. Pas sûre quand même qu'ils soient assez longs pour vous y perdre.
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